Quand la ville se serre : comprendre la densification
La petite couronne, cet anneau qui enlace Paris jusque dans ses replis, a longtemps incarné le rêve pavillonnaire de l’après-guerre et une douce alternative à la vive densité parisienne. Aujourd’hui, elle change de visage. Montrouge, Malakoff, Montreuil, Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux, Romainville… Ces noms s’écrivent désormais sur la carte du Grand Paris comme autant de laboratoires d’une densification urbaine concertée ou bousculée.
La densification des villes de la petite couronne n’est plus une promesse théorique. C’est un fait, chiffré et visible. Entre 2008 et 2020, la population du département de la Seine-Saint-Denis a augmenté de plus de 150 000 habitants, une des croissances les plus fortes d’Île-de-France (INSEE). Les surfaces bâties ne s’étendent presque plus. Ce sont les dents creuses qui se remplissent, les terrains industriels reconvertis, les tours qui se hissent, imitant le centre.
Alors, comment cette densité nouvelle – qui s’incarne autant dans les profondeurs des chantiers du Grand Paris Express que dans la multiplication des promoteurs immobiliers – bouleverse-t-elle la vie au quotidien, la sociabilité, l’habitat, les usages collectifs ? Entre le discours politique – pour certains, « ville du quart d’heure », pour d’autres, « banlieue surpeuplée » – et la réalité vécue des habitants, se cache une vie urbaine en plein renouvellement.