Val d’Yerres Val de Seine : À la racine d’une transition énergétique collective

Via le Grand Paris TV

Pourquoi parle-t-on de “plans climat” et d’intercommunalité ?

Derrière l’acronyme PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial), une révolution discrète. Depuis la loi Grenelle II (2010) puis la loi sur la transition énergétique (2015), communes de plus de 20 000 habitants et intercommunalités ont l’obligation d’élaborer une stratégie locale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la qualité de l’air et adapter leur territoire au dérèglement climatique. Dans le Val d’Yerres Val de Seine, 10 communes et près de 190 000 habitants partagent une stratégie commune, élaborée avec des citoyens, des associations, le tissu économique et institutionnel (> source : Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine, rapport PCAET 2022).

Pourquoi l’échelon “intercommunal” ? Parce que le climat ne connaît pas la frontière d’une rue ou d’un rond-point. C’est à l’échelle d’un bassin de vie, traversé par les flux de mobilité, d’énergie, de production et de consommation, que l’on pense des actions concrètes à fort impact. Dans ce nouveau récit collectif, l’intercommunalité devient plus qu’une addition de villes : elle se mue en laboratoire urbain.

Une réponse locale à l’urgence climatique

Depuis 2022, la trajectoire climatique du Val d’Yerres Val de Seine s’appuie sur le diagnostic suivant :

Ces chiffres posent l’équation : sans action concertée, le territoire s’expose à des phénomènes climatiques extrêmes, déjà observés lors de la crue de la Seine en 2016 ou de la canicule de 2022 et son pic historique à 40,2°C enregistré à Montgeron.

Ce que change l’approche intercommunale

Un diagnostic partagé, une action coordonnée

L’un des enjeux structurants des PCAET, c’est de briser le syndrome du “chacun pour soi”. A l’échelle intercommunale, les services techniques mutualisent diagnostics et expertises :

À l’échelle du Val d’Yerres Val de Seine, ce travail collectif s’est concrétisé par 6 groupes de travail thématiques, plus de 200 participants et une trentaine d’ateliers citoyens, entre 2021 et 2023.

Des solutions à grande échelle : l’exemple du chauffage urbain

Certaines actions, impossibles à réaliser à l’échelle d’une commune seule, prennent tout leur sens à l’intercommunalité :

À retenir :

(Source : Val d’Yerres Val de Seine, bilan PCAET et Agglomération)

Le plan climat, catalyseur de transition sociale

Derrière les chiffres, des histoires et des engagements. Le plan climat mobilise une vaste palette d’acteurs au-delà des services municipaux :

Un exemple marquant : la coopérative Énergie Partagée, initiative citoyenne qui a permis l’installation de panneaux photovoltaïques sur plusieurs toitures publiques, produisant l'équivalent de la consommation annuelle de 150 foyers dès 2021 (source : Énergie Partagée).

Inclusion et précarité énergétique, le revers de la médaille

La pauvreté énergétique touche encore 11 % des ménages du Val d’Yerres Val de Seine (source : INSEE, 2023). Le PCAET prévoit donc :

Mobilités, espaces publics et biodiversité : un laboratoire urbain

Repenser les déplacements : du plan vélo à la mobilité partagée

Le climat oblige à revoir l’organisation urbaine :

La concertation a permis de “cartographier” les freins au vélo (sécurité, stationnement, continuité des itinéraires) et de débloquer des subventions auprès de la Région.

Des espaces verts au cœur du plan

Le Val d’Yerres Val de Seine, c’est aussi une ceinture verte urbaine – 1 800 hectares d’espaces verts et boisés dont plus de la moitié classés en zone naturelle d’intérêt écologique. Le PCAET intègre :

(Source : Val d’Yerres Val de Seine, rapport biodiversité 2022)

Au-delà du verdissement, ce sont aussi des dispositifs de sensibilisation : promenades botaniques, chantiers participatifs, formation citoyenne à la reconnaissance des espèces locales.

Des freins persistants, des enjeux collectifs

La transition climatique n’a rien d’une promenade de santé. Les maires évoquent régulièrement les défis :

Si la trajectoire est lancée, c’est la capacité à embarquer durablement la population qui fera la différence, comme le résume le président de l’Agglomération, François Durovray, dans une interview à Le Parisien (07/2023) : “La transition climatique, c’est l’affaire de tous, et personne ne pourra la décréter d’en haut”.

Quels visages pour le Val d’Yerres Val de Seine demain ?

Le plan climat intercommunal est un récit en construction, tissé d’expériences partagées, de chiffres parfois arides et de promesses concrètes. Dans ce territoire longtemps perçu comme hybride – ni tout à fait périphérie, ni centre métropolitain –, la mutation écologique offre une nouvelle grammaire urbaine : celle du commun, de la sobriété innovante et d’une solidarité à réinventer.

À observer la dynamique qui irrigue le Val d’Yerres Val de Seine, une certitude se dessine : c’est à travers l’échelon intercommunal que la métropole francilienne prendra, demain, sa pleine mesure climatique.

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